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  • Benoit Poillon

Le devoir de mémoire d'un biographe familial

Parce qu'il faut bien commencer par quelque chose, je vous parle ici de ma motivation à accompagner la mémoire, à mettre en lumière le souvenir et à accorder une place aux auteurs inconnus.


Cela fait plusieurs années que j'écris à titre privé. Principalement des romans et nouvelles fantastiques voire fantasy. Pourtant, une rencontre a tout bouleversé, celle d'un homme souhaitant confier le récit de sa vie à ses proches. C'était il y a quelques mois seulement et pourtant, tout a basculé. En l'écoutant me raconter ses souvenirs, ses joies, ses peines, ses échecs, ses réussites, j'ai eu un choc. L'homme que j'avais en face de moi avait 85 ans et, par ses souvenirs, il me confiait une histoire qui aurait pu être celle de mes propres grands-parents : la guerre, l'industrialisation, la déforestation, la numérisation de la vie, les progrès de la médecine etc. Sans le savoir, il répondait aux questions que je me posais sur la vie et la jeunesse de mes ancêtres. Je me suis alors rendu compte combien le témoignage d'un membre de sa famille était aussi important voire plus que n'importe quel récit.



"J'ai de plus en plus la conviction que les gens sont des musées fragiles. Que nous sommes tous, d'une certaine façon, une exposition temporaire sur ce qui s'est réellement passé".





Je me suis donc intéressé plus profondément à la biographie, à l'auto-biographie et à ce que ce genre littéraire avait à apporter au monde. J'ai toujours pensé que changer une personne revenait à changer le monde. Pourquoi donc devrions-nous ignorer le témoignage de parfaits anonymes ? En faisant des recherches, je me suis aperçu que beaucoup de personnes avaient envie d'écrire mais que peu se lançait, faute de technique. Quel dommage ! Quel dommage de priver ses proches et le monde d'un témoignage intime et potentiellement déterminant pour les nouvelles générations.


Et puis, je voulais aller plus loin. Je sais, pour l'avoir expérimenté, que les maisons d'éditions croulent sous les manuscrits et que, commerce oblige, elles préfèrent éditer la troisième biographie de Michel Drucker que celle d'une inconnue. Le monde de l'auto-édition fait donc un grand boom ! Mais se pose alors un nouveau problème : comment être visible dans une marée gigantesque d'ouvrages, tous aussi qualitatifs ?


Voilà, la genèse de ce blog : mettre en lumière ces témoignages d'anonymes, apporter de la visibilité à ceux qui en ont peu, comprendre leur démarche, leur confession, leur récit afin qu'ils puissent trouver leurs lecteurs. Il n'y a pas de mauvais livre, il n'y a que de bons lecteurs.


Dans les semaines qui viennent (ne me demandez pas la fréquence), je publierai une chronique, un portrait, une interview, d'un livre ou d'un auteur auto-édité qui témoignera d'un vécu. Comme le disait Jocelyn Sioui dans Mononk Jules : "Les gens sont des musées fragiles". À nous de les conserver !

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