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  • Benoit Poillon

Un bien triste anniversaire

Après plusieurs semaines sans poster, il est grand temps de reprendre le chemin de ce blog. Malgré quelques retards pris dans la lecture de vos récits, je compte bien revenir en force dans les semaines qui viennent. Mais avant cela, je voulais revenir sur une date qui fait écho.




Le 11 Septembre 2021, nous avons fêté (non, je n'aime pas ce mot... célébré ? Non, ce n'est en aucun cas une célébration... Honoré ! Voilà). Je reprends : Le 11 Septembre 2021, nous avons honoré les 20 ans des attentats des Tween Towers de Manhattan. À cette occasion, et en revoyant ces images, je me suis souvenu de ce jour.


Je sortais tout juste de l'école. Ma mère était venu me chercher. La musique que diffusait la radio s'est éteinte pour laisser place à l'actualité. Pour moi, alors âgé de 14 ans, c'était une déclaration de guerre. La troisième guerre mondiale. En rentrant chez moi, je me suis dépêché d'allumer la TV. Quelques secondes plus tard, un deuxième avion venait s'écraser sur la seconde tour. Le choc. L'effroi. J'étais tétanisé, hypnotisé par l'horreur. Les chaînes d'infos étaient en continues, pour la première fois. Je voyais les gens sauter des immeubles. Je voyais les gens courir, désorientés dans les rues de la ville. Puis l'effondrement. Et le chaos. À partir de là, ma mémoire devient floue, perdue entre la réalité et les cauchemars qui ont suivi.




En 2019, lorsque je me suis retrouvé à New York à marcher dans ces mêmes rues que j'avais vue en poussière, je fus pris d'une émotion largement enfouie. Le quartier des tours transpire d'un silence assourdissant. Les roses jaunes qui décorent le monument des victimes témoignent de l'horreur. Des noms par centaines. Des noms par milliers. Autour de deux profondes fontaines aux larges dimensions. En tant qu'écrivain, on peut dire que je suis à l'aise avec l'expression écrite. Et pourtant, je n'ai pas les mots pour décrire cet endroit si particulier, qui contraste avec le reste de l'île. L'émotion est tellement énorme que les mots refusent de sortir. Seules les larmes parlent.




Cela fait 20 ans que ces évènements ont bouleversé notre quotidien et nous continuons de récolter leurs conséquences. La mémoire et la commémoration ne sont pas faits pour durer. Seules leurs retranscriptions survivent au temps. Beaucoup de documents télévisuels témoignent de ce jour, entre deux coupures pub. À la télévision, sur internet, sur les réseaux sociaux. Que se passe-t-il lorsque vous éteignez votre écran ? Que se passe-t-il les 364 autres jours de l'année ? La mémoire ne prend pas de vacances. Le souvenir n'est pas juste une date sur un calendrier. Pour cela, raconter un témoignage pour en faire un livre est un gage de durabilité et de fidélité qui ne souffrira d'aucun vieillissement.

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